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Tout juste atterris en Asie du sud-est, nous étions pris dans la touffeur de
la tentaculaire capitale thaïlandaise. D’emblée, les courses de tuk-tuk
sous les chassés-croisés des autoroutes nous la dépeignaient comme un
sauna suffocant, turbulent et bruyant. Et pourtant, le magnétisme de Bangkok
allait opérer. Le palais et les temples bouddhistes étaient somptueux, la cuisine des
stands de rue appétissante et la jeune fille assise en amazone à l’arrière
d’un scooter charmante.
Les sourires omniprésents du couple royal ornaient leurs portraits dans les taxis, les rues et
même les maisons.
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Inlassablement glaneurs de saveurs et de couleurs, nous avions choisi
d’approcher les vignes asiatiques par le Royaume de Siam.
Le vin thaï appartenait aux
Vins de Nouvelle Latitude car les raisins dont il provenait étaient produits
entre les 14ème et 18ème parallèles nord. Vingt ans après
la notion de Vins du Nouveau Monde,
nous prenions conscience de cette seconde et récente expression.
Elle correspondait aux vignobles émergeant hors des
latitudes 30 et 50, limites géographiques entendues de la viticulture mondiale.
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Au nombre de six, ces domaines sont apparus à partir de 1991.
S’installant sur les collines de Phu Rua, province
vallonnée et réputée pour son horticulture, Château de Loei
cherchait à appliquer une politique de qualité. Dans une
atmosphère subtropicale, les
températures élevées et les pluies abondantes étaient
les ennemies de la maturité progressive
et de la concentration des baies. En plus d’un drainage naturel,
le relief choisi lui apportait donc un climat plus frais et plus sec.
La propriété s’était aussi prononcée pour une récolte
l’année alors que les conditions climatiques en généraient
naturellement deux.
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Après la zone viticole de Khao Yai, nos pérégrinations
nous ont menés vers celle du delta de Chao Phraya. Nous allions traverser
le très spectaculaire floating vineyard avec la passionnante équipe
de Siam Winery. Depuis des générations, les paysans avaient
asséché les marécages pour gagner des terres et développer
notamment 9 000 hectares de vignes. Les ceps étaient plantés dans un sol
riche en alluvions, sur de minuscules îles rectangulaires. Contrairement à
l’Amérique du sud, les innombrables canaux que nous distinguions,
n’étaient donc pas dédiés à l’irrigation
mais à l’évacuation de l’eau en surplus.
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L’originalité de ce vignoble conférait à Siam
Winery une partie de son facteur-clef de succès.
Afin de se démarquer dans un univers ultra-concurrentiel et de s’opposer
à la mondialisation du goût, la propriété réservait
aussi aux cépages typiques, le malaga blanc et le pokdum rouge, une place de
choix dans sa gamme. Nous percevions que sa vision, de créer des vins
pour accompagner une cuisine unique et internationalement
reconnue, était déconcertante de bon sens et de clairvoyance.
« Thaï wine for thaï food » lui conférait un
positionnement de niche judicieux à l’export et sur son
marché domestique.
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La Thaïlande, nouveau pays consommateur de vin, était traditionnellement
peuplée de buveurs de thé, de bière et d’eau-de-vie.
Toutefois, nous étions convaincus de son fort potentiel de
développement en raison de
la présence de nombreux expatriés occidentaux, de l’incessant
flux touristique et de l’augmentation progressive du niveau
de vie local. Sur les îles de rêve de Ko Samui, Ko Pha-Ngan et Ko Tao, comme dans les quartiers
huppés des grandes villes, nombre d’établissements de luxe étaient
sur le point de devenir des débouchés prometteurs.
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Phu Rua : Château de Loei -
Khao Yai : Khoa Yai, PB Valley, Granmonte, Château des Brumes -
Bangkok : Siam Winery.
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thaïlande
enceinte du grand palais de Bangkok
sculptures végétales dans la capitale
architecture divine
Ko Tao, l’île de la tortue
partie de pêche sur l’île de Ko Samui
malaga blanc dans le golfe de Siam
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