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Après 30 heures de bus, passées à traverser les cols enneigés et
les lits de rivières entre le Chili et la Bolivie, nous avons rejoint la zone de Tarija.
Encore méconnu, ce vignoble était pourtant à nos yeux incontournable tant il
se prévalait d’être le plus haut du monde. Début mars, la récolte 2005
avait déjà commencé et les vendangeurs chiquaient leurs feuilles de coca pour se
donner du coeur à l’ouvrage. Les chemins étant largement accidentés et les
transports en commun sur cet itinéraire inexistants, un taxi bolivien nous a accompagnés
sur cette route des vins improvisée.
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La spécifité de cette région viticole ne résidait pas tant dans son
encépagement, composé à 80% de muscat d’Alexandrie, mais dans
ses vignes d’altitude qui s’élevaient jusqu’à 2 800 mètres.
Nous étions bien loin des 500 mètres au dessus du niveau de la mer, souvent
considérés comme un sommet en terme de viticulture. Toutes les propriétés
- moins d’une dizaine au total - distillaient leurs raisins et élaboraient
du singani, principal concurrent du pisco sud-américain. Toutefois, leur production ne se
réduisait pas à cet alcool blanc.
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Elle comprenait aussi une gamme de vins certes confidentielle mais digne d’intérêt.
La Concepción dont les ancètres étaient les missionnaires augustins et jésuites du
début du 17ème siècle, en était une parfaite illustration. L’exigence et
l’humilité des hommes de ce domaine, associées à la finesse et à
l’équilibre de leur réserve de cabernet sauvignon, nous ont laissé
un souvenir impérissable. Le stimulant vin Mariani, produit au 19ème
siècle à partir de vin de Bordeaux et d’extrait de feuilles de coca, avait
bien été remplacé par les Cepas de Altura.
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La Bolivie, en plus de nous offrir un vignoble extraordinaire, nous a aussi déroulé
un spectacle inouï quand nous nous sommes engagés sur l’Altiplano. Ce haut plateau
qui traversait le pays du nord au sud et culminait à plus de 4 000 mètres,
abondait de merveilles naturelles. Le Salar d’Uyuni, la plus vaste étendue de sel au monde,
constituait un horizon à couper le souffle. Les lagunes colorées et leurs colonies de
flamands roses, les volcans et les geysers en activité, les montagnes et les canyons
peuplés de lamas formaient aussi un paysage, digne des peintures de Salvador Dali.
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Pour nous éloigner de ces tableaux sublimes, nous avons répondu aux appels des crieurs de bus.
En raison du fort taux d’analphabétisation, ils attiraient les voyageurs de la voix :
“A La Paz ! A La Paz !” À bord, nos compagnons de route sentaient le feu de bois,
seul mode de chauffage et de cuisson de leurs maisons de paille et d’adobe. Leurs poules,
transportées dans de grands sacs en toile de jute, garantissaient l’animation.
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Le bus était le seul moyen terrestre de gagner la capitale la plus haute de la planète car
les récentes inondations
avaient condamné les liaisons ferroviaires.
L’eau courante faisait défaut à l’Alto, le quartier populaire
de La Paz. D'importants mouvements de protestation
revendiquaient donc l’accès à cette denrée indispensable : “El agua corriente :
un derecho por todos !” En contournant les manifestants, nous avons atteint les rues escarpées du centre,
ses casas de narcos, ses faux policiers, ses vrais pickpockets et son
incessant fond sonore qui mêlait klaxons et sirènes.
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Malgré tout, cette ville était très attachante.
La destinée de Che Guevara et les scandales politiques avaient façonné
son histoire.
La jeune génération tentait de financer ses études en exerçant, à
la sauvette, une activité de cireurs de chaussures. Les impressionnantes cagoules noires qu’elle arborait
lui permettaient de ne pas être identifiée.
Quant aux vendeurs ambulants qui travaillaient 14 heures durant, ils patientaient en tricotant la laine
de mouton ou d’alpaga. Ils s’endormaient d’épuisement sur leurs stands étonnamment
garnis d’orties, de pissenlits et de fœtus de lamas séchés.
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Tarija : Kohlberg, La Concepción, Aranjuez, Casa Real, Campos de Solana.
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bolivie
le lama du chico sur le lac Titicaca
flamands roses de la laguna blanca
hôtel de sel dans le Salar d’Uyuni
sortie d’école à San Cristobal
village de Culpina sur l’Altiplano
mise en bouteilles de singani à Casa Real
n o u v e a u t é
VINOMAD, le cabinet conseils en stratégie œnotouristique.
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